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On s'appelle Cassie(s).
Je tire ce texte de mon roman favori. Je mets cet extrait ici car il traite un sujet qui me tient à cœur, j'ai choisis d'ajouter une petite suite à ce texte, pour l'adapter à l'aspect que je souhaite lui donner.
"Je fermai mon cœur et forçait mon être à se figer. Ma peine passerait avec le temps; je me répétai ce mensonge jusqu'à ce que le sommeil s'empare de moi.
Je m'éveillai quand la clarté du jour qui tombait par la fenêtre atteignit mon visage. J'ouvris les yeux mais ne bougeai pas. Après l'obscurité de la tempête, la lumière pâle qui emplissait la chambre me donnait l'impression de me trouver sous l'eau. Je me sentais curieusement vide, comme lorsqu'on entre en convalescence à la suite d'une longue maladie. Je cherchai à saisir un rêve fuyant, mais n'attrapais que l'image d'une matinée lumineuse, avec la mer à mes pieds et le vent dans mon visage. Je n'avais plus sommeil, mais je ne ressentais nulle envie de me lever pour affronter une nouvelle journée. J'avais la sensation d'être enfermé dans une bulle et de pouvoir faire perdurer ce moment de paix à condition de rester parfaitement immobile. J'étais couché sur le flanc, le bras et la main sous l'oreiller plat; au bout de quelques temps, je pris conscience de la présence des plumes sous mes doigts.
Je levai la tête pour les observer, mais la pièce se mit tout à coup à danser autour de moi, comme si j'avais trop bu la veille, et les réalités du jour à venir s'abattirent brutalement sur moi. Je me redressai lentement."
La réalité. De retour dans ce monde vidé, je m'étais retrouvé privé d'une part de mon être, amputé d'un morceau de mon âme, et le trou béant laissé saignait sans jamais que la cicatrisation ne commence. Instant après instant, je me vidai de ma substance. La mort de Loup m'avait anéanti, mutilé. La peine du monde entier semblait peser sur mes épaules, m'écrasant de tout son poids.
Et tandis que je marchais d'un pas lassé dans le couloir du premier étage, je sentis la marée monter en moi. Je m'écroulai face contre terre, emporté par le chagrin, le corps convulsé par le sanglot. Et je déversai mes larmes, toutes ces larmes que je contenais en moi, comme le barrage retient un fleuve. Et mes barrières avaient cédé. Je crispai mes poings, de rage autant que de désespoir, hurlant ma souffrance en un ridicule râle de souffrance, entrecoupé par les spasmes qui parcouraient mon corps.
Je restai là une heure au moins, peut-être plus, empêtré dans les filet que la folie du chagrin avait jeté sur moi, revoyant sans cesse le dernier regard qu'il m'avait lancé avant de sauter. Il n'y avait pas de courage dans ces yeux, que de la tristesse.
Et les voix dans ma tête me hurlaient de le rejoindre. Cet amour que je lui portai alors ne trouvait aujourd'hui plus personne à qui s'adresser, je n'obtenais plus de tout cela qu'un immense vide, un manque que rien ne semblait pouvoir combler, et la meilleure solution pour couper court à cette mascarade paraissait être la voix que mon Loup avait choisi.

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